Le numérique représente, en 2022, 4,4 % de l’empreinte carbone française et 11 % de la consommation électrique nationale. L’étude conjointe réalisée par l’ADEME et l’Arcep montre en outre que sans action, l’empreinte carbone du numérique pourrait tripler d’ici à 2050. Aujourd’hui, dans une entreprise de conseil, le numérique représente environ 12% de son bilan carbone, sans compter les autres impacts (biodiversité, ressources en eau, droits humains).
Dans un cabinet de conseil, les stratégie RSE/environnement reposent principalement sur les indicateurs suivants : l’énergie, la consommation de matériel (papier, encre, matériel de bureau), les déplacements et le numérique.
Aller vers un numérique plus responsable est également un levier facilement actionnable pour les entreprises, contrairement à l’énergie lorsque l’organisation n’est pas propriétaire du bâtiment. Le numérique responsable est donc un enjeu particulièrement important pour les cabinets de conseil qui souhaitent améliorer leur impact.
Les principaux impacts environnementaux
Les émissions de CO2 dues à la consommation d’énergie
Au niveau mondial, en 2025, Les data centers seuls consomment environ 200 TWh d’électricité, soit 1.2 % de la consommation électrique mondiale. D’ici 2030, selon une étude d’Accenture, la consommation électrique uniquement due à l’IA représenterait 3.4 % de la consommation mondiale (soit l’équivalent de celle d’un pays comme le Canada).
Les ressources en eau potable
Les data centers sont actuellement à l’origine d’une forte consommation d’eau potable pour refroidir les serveurs. En France, les datacenters ont consommé 681 000 m³ d’eau en direct en 2023, montant à 6 millions de m³ si on inclut la consommation indirecte (production électrique, autres usages).
Selon l’Arcep, le volume de la consommation directe reste modeste comparé à d’autres usages (industriels, agricoles) mais peut générer des conflits d’usage dans les localités où les centres sont implantés. De plus, la plupart des data centers sont délocalisés dans des régions du monde plutôt arides, ce qui génère du stress hydriques pour les communautés locales.

Source : ARCEP, infographie « Pour un numérique soutenable »
Selon l’Agence internationale de l’énergie (IEA), avec l’usage de l’IA, la demande mondiale en eau pour les centres de données, devrait atteindre entre 4,2 et 6,6 milliards de mètres cubes d’ici 2027 — soit plus que la consommation annuelle totale du Royaume‑Uni.
L’extraction de matières premières
La construction du matériel numérique est également particulièrement impactante. A titre d’exemple, un ordinateur nécessite plusieurs types de métaux lourds, dont l’extraction est extrêmement polluante.
Quelques chiffres sur l’extraction de métaux :
Pour 1 tonne de terres rares extraite, près de 2 000 tonnes de déchets toxiques, dont 1 tonne de déchets radioactifs, sont générés.
L’extraction de métaux lourds (terbium) en Myanmar a contaminé les eaux locales avec de l’arsenic et des acides toxiques, et détruit des zones vitales pour l’agriculture et la pêche.
Dans les années 2000, dans des zones comme Guiyu en Chine, jusqu’à 80 % des enfants présentaient des taux de plomb dans le sang très dangereux, avec des concentrations de métaux dans le sol dépassant de cent fois les normes recommandées.
Selon une étude des Nations unies, l’extraction mondiale de matières premières pourrait augmenter de 60 % d’ici 2060 (après une croissance de 400 % depuis 1970), ce qui aura pour effet d’aggraver le réchauffement, la pollution de l’air, le stress hydrique et la perte de biodiversité.
Il reste toutefois important de noter que la majorité de l’extraction de métaux lourds et critiques n’est pas destinée à la fabrication de matériel électronique, mais à la production de batteries pour véhicules électriques et aux pots catalytiques des voitures thermiques.
Une réflexion globale sur la consommation de matériel des entreprises est donc nécessaire pour diminuer leur impact environnemental.
Que faire maintenant ?
Les solutions, bien qu’encore imparfaites, existent. Si la réduction de la consommation doit être la première piste de réflexion, il existe de nombreuses initiatives qui permettent de réduire son empreinte numérique.
– Hébergement responsable et éco-conception
Héberger son site web en France en choisissant un cloud éthique est une excellente piste pour démarrer sa transition. Sur le site web, des optimisations sont également possibles pour réduire la consommation d’électricité :
- Réduire les vidéos et animation
- Réduire le poids des images et photos
- Utilisation du « low code » (une manière de développer des logiciels qui réduit le volume de code)
– Utilisation de matériel numérique reconditionné ou seconde main
- Plusieurs sites proposent du matériel informatique reconditionné, ou de seconde main. Si tout n’est pas recyclable dans un téléphone ou un ordinateur, il est possible de récupérer une partie des composants ou d’allonger la durée de vie d’un appareil.
-Digitaliser pour réduire le papier
- L’avantage « écologique » principal du numérique est bien la réduction du papier. Intégrer une politique zéro papier permets au moins de réduire l’impact lié à la production et au recyclage du papier.
-Réduire l’utilisation de l’IA au nécessaire
- L’IA décuple les impacts environnementaux de la consommation d’énergie et d’eau de nos usages numériques. Il est essentiel de ne pas fermer les yeux sur cet aspect.

